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AFMED 2017 recommande le passage de la médecine tarifaire par acte à la médecine forfaitaire.

Du 13 au 15 novembre 2017, les participants aux plénières du sixième Congrès « Médecine d’Ici, Médecine d’Ailleurs » se sont focalisés sur deux sous-thèmes à savoir l’accès et l’accessibilité aux soins en RDC ainsi que la problématique du cancer sur le territoire congolais. Lors de la session plénière de clôture de ces assises, quelques recommandations ont été formulées par l’AFMED.

Dr Jacques Mangalaboyi est le Président d'honneur du Comité d'organisation du Congrès de l'AFMED (Tous droits réservés/Habari RDC, novembre 2017)

Dr Jacques Mangalaboyi est le Président d’honneur du Comité d’organisation du Congrès de l’AFMED (Tous droits réservés/Habari RDC, novembre 2017)

Considérant le caractère multisectoriel de l’accessibilité aux soins, l’AFMED appelle les différentes entités et ministères à se mettre ensemble afin d’élaborer une feuille de route devant faire participer tous les acteurs dans l’amélioration de la couverture sanitaire au Congo-Kinshasa. Cette association propose également le passage de la médecine tarifaire par acte à la tarification forfaitaire en vue d’aider les plus démunis. Pour l’AFMED, la protection des femmes enceintes et des enfants de moins de 5 ans doit être renforcée par des consultations obligatoires et voire gratuites.

Les mécanismes de financement par les partenaires doivent être appropriés par l’Etat et les privés. Le partenariat Public-Privé est une piste des solutions. Le dépistage et la prise en charge du cancer ainsi que du diabète doivent faire partie des priorités en tenant compte des moyens et des réalités culturelles en RDC.

Contre le cancer, il a été proposé comme recommandation la mise en place des rayons de concertation pluridisciplinaires et un établissement par des sociétés savantes d’un protocole de prise en charge uniformisés. Instaurer une couverture maladie universelle, qui serait adressée à la majorité des populations, est une réflexion q: les zones de santé primaire ne couvre pas toute la République. Ce projet implique aussi la mise en place d’un organisme de gestion qui soit indépendant du Ministère de la santé (tarification, contrôle, régulation, etc.).

L’AFMED considère que les mutuelles de santé ou assurances privées et autres ne sont pas incompatibles avec ce projet de couverture maladie universelle, dans la mesure où elles sont complémentaires. Il est illusoire de ne compter que sur l’Etat pour le financement de la mise en place de ce système de couverture maladie universelle. Les congressistes estiment que l’appui de la part des partenaires extérieurs peut aider à déployer ce projet qui, précisent-ils, doit faire face à des nombreux défis dont la faible mobilisation des ressources financières en interne, la gouvernance et la rédévabilité. En effet, jusqu’en septembre 2017, l’Etat n’a réussi à mobiliser que 29% du budget voté au Parlement. L’AMFED considère que la solution aux problèmes de financement de soins de santé ne viendra pas nécessairement du secteur de la santé.

Un tweet du Dr Oly Ilunga, Ministre de la Santé de RDC (Tous droits réservés)

Un tweet du Dr Oly Ilunga, Ministre de la Santé de RDC (Tous droits réservés)

De son côté, Dr Oly Ilunga, Ministre de la Santé de RDC, préconise de considérer la santé comme un secteur porteur de l’économie.  Le salue l’existence d’un Plan national de Développement sanitaire (PNDS) à son arrivée à la tête du Ministère dont la deuxième version poursuit le but ultime d’arriver à une couverture sanitaire universelle pour tous les congolais d’ici 2030. 

Dr Oly Ilunga estime que la création de la couverture sanitaire universelle n’est pas l’œuvre que d’un seul groupe d’individus, considérant la dynamique de l’AFMED déjà comme une réponse parmi tant d’autres face à ce défi.

Les piliers de la transformation du secteur de la santé

Pour le Ministre de la santé de RDC, la transformation de ce secteur est possible et peut reposer sur trois axes à savoir l’éthique en médecine, la gestion de l’information médicale et l’inscription de la santé comme secteur porteur de la croissance. Ces axes relèvent tous d’une approche collective aux problèmes de santé en RDC.

Il est vrai que dans les frais de fonctionnement du système de santé congolais, 40% viennent des ménages, 40% de l’aide internationale. La contribution du gouvernement étant de 5 à 6%. Dr Oly Ilunga souligne que:

Il faudrait environ 50 dollars par habitant par an pour avoir des soins de santé de qualité en RDC. Vu qu’on est environ 80 millions d’habitants, cela voudrait dire qu’il nous faudrait, juste pour la santé, un budget annuel de 4 milliards de dollars pour pouvoir offrir une médecine digne de ce nom.

Aujourd’hui, le budget annuel de l’Etat congolais est aux alentours de 7 milliards USD et la santé représente 6 à 7 % de ce budget total. Ainsi, pour avoir 4 milliards USD à disposition du système de santé, il faudrait que le budget de l’Etat annuel atteigne 60 à 70 milliards USD. Ainsi, le vrai challenge aujourd’hui c’est d’augmenter cette assiette globale, c’est le développement de la Nation afin d’arriver à une nation émergente avec un budget de l’état de l’ordre de 80 à 100 milliards USD. C’est tout à fait faisable et c’est ça qui doit être notre objectif car c’est ce qui nous permettra d’arriver à une couverture sanitaire universelle.

Que faire pour sortir de cette impasse ?

L’adoption des normes réglementaires, l’intégration du secteur privé, la régulation par la certification, la collaboration avec les opérateurs économiques privés et la création d’une politique industrielle dans le secteur de la santé sont autant des pistes de solution proposées par le Ministre Oly Ilunga pour faire face aux défis de financement et de l’amélioration des soins de santé en RDC.

Comment s’assurer qu’en République Démocratique du Congo, nous ferons une médecine du troisième millénaire ? Pour répondre à sa question, Dr Oly Ilunga appelle à un changement de mentalités dans la conception du secteur de santé:

Souvent lorsqu’on parle de la santé, on reste dans cette logique humanitaire. Nous-mêmes médecins, soignants, infirmiers, lorsqu’on a choisi de faire ce métier, on pensait soigner la veuve et l’orphelin. Mais il faut savoir aussi que même un hôpital reste une entreprise, une entreprise de services. Quel que soit votre bonne volonté et votre vocation de départ, si votre hôpital n’est pas géré comme une entreprise, il ne pourra pas soigner la veuve et l’orphelin car il ne sera pas viable.

La santé c’est un secteur de l’économie et nous devons tous entrer dans cette dynamique économique. Une économie de services n’est pas un simple business. Nous sommes là pour rendre une série des services. Pour que cette économie de services puisse fonctionner il faut que tout le monde fasse sa part. Le pouvoir public doit adopter une bonne régulation et les prestataires doivent se forcer à offrir des soins de qualité. Il faudra aussi travailler sur le pouvoir d’achat de la population pour qu’elle puisse s’offrir ces soins de santé de qualité.

 

novembre 13, 2017

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